Cuisiner AVEC sa voiture


EdgarPot
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Si vous pensez que vous êtes un peu cinglé avec votre voiture, c'est que vous ne connaissez pas Chris Maynard et Bill Scheller.

Ces deux gars ont écrit un livre de recettes de cuisine à faire AVEC le moteur de votre voiture. C'est génial et dément. Lisez l'article de l'Obs à ce sujet (https://www.nouvelobs.com/la-boite-a-bouquins/20220304.OBS55286/manifold-destiny-le-seul-livre-de-recettes-de-cuisine-sur-moteurs-de-voiture.html#modal-msg).

 

En attendant, voilà quelques extraits du livre, hélas non (encore ?) publié en français :

 

"En ces temps d’énervement bio, c’est une idée de génie qu’ont eu les deux auteurs de « Manifold Destiny ». Chris Maynard et Bill Scheller sont partis d’une observation évidente, simple, catégorique : le moteur de votre voiture dégage de la chaleur. Pourquoi ne pas profiter de cette chaleur pour faire la cuisine ? Mais c’est bien sûr ! La mécano-gastronomie est née ! Le menu quatre roues (en moto, c’est plus dur) ! La bouffe à 5000 tours/minute ! Le fourneau à explosion ! Au lieu de s’arrêter à la station Shell passé le péage de Saint-Arnoult, pour manger des sandwiches qui ont la consistance de la cellulite sur les cuisses de ma tante, pourquoi ne pas s’adonner à la haute cuisine routière ? 

 

La première fois que nos auteurs ont tenté le coup, c’était sous le capot d’une Lincoln Town Car, avec un filet mignon. Résultat ok. Ils ont continué avec des crevettes dans une Cadillac 56 appartenant à un imitateur allemand d’Elvis, puis ont réussi une quiche sur la Route 66, avant de faire un ragoût de lapin sur le moteur d’une Coccinelle VW. Le tout enveloppé trois fois dans du papier alu, pour éviter le goût de diesel ou le fumet du carburant sans plomb 95. Ont suivi : un filet de sole poché, une aubergine farcie, des cuisses de poules faisanes. Dans la fameuse course Cannonball 88 (10 000 km non-stop le pied au plancher), Maynard et Scheller n’ont pas perdu de temps. Et ont constaté que la cuisine en voiture est moins dangereuse que la lecture de votre GPS à pleine bourre. Évidemment, une bagnole avec un V16 offre la possibilité de cuire un dîner de fête, tandis qu’une Renault Zoé ne suffirait pas.....

 

D’après leur expérience, nos auteurs signalent que la meilleure surface de cuisson est offerte par la Jaguar XKE modèle 1965, avec ses six cylindres en ligne. Ils mettent en garde les cuistots amateurs : ne vous approchez jamais (jamais !) de la courroie de transmission (si vous voulez garder des doigts intacts). De même, si la température extérieure avoisine les -20°, il faut ajouter du temps de cuisson. Par canicule, aussi, il faut réduire (surtout si la voiture est de couleur noire). La Ford Mustang 4 litres V6 offre d’intéressantes possibilités pour les steaks (juste sous les injecteurs) et la Chevrolet Tahoe Hybrid 6 litres V8 (assez rare) est nulle (trop de fils électriques). Autre avantage de la cuisine routière : en cas de contrôle par la police, ou peut toujours tenter d’acheter la bienveillance du flic avec une cassolette de bar aux petits légumes à point sur la culasse. Quant aux plats surgelés, no problemo : collez-les sous le capot, roulez, et c’est good. Si Napoléon avait eu des voitures, la retraite de Russie se serait passée différemment.

 

Dans la deuxième partie du livre (à partir de la page 53), Maynard et Scheller donnent des recettes pratiques, classées par régions (nous sommes désormais des locavores, on mange local). Dans le Nord-Est des USA, il convient de faire des « So-Be Subic Spinach Paks » (épinards en sachets beurrés). Temps de cuisson : 40-50 miles. La « Eggs-on Cheese Pie » (quiche à la mozzarella) : 55 miles. Dans le Midwest – parfait pays pour la cuisson automobile, il n’y a que des routes infinies, bien plates - on préférera faire du « Lead-Foot Stuffed Cabbage » (chou farci, on est en pays colonisé par les Polonais, qui collent des stickers « You betcha dupa I’m Polish » sur leurs pare-brises. Je signale que « dupa » est le mot indigène pour « cul ») en 55 miles. Dans le Sud, on aura à cœur de faire du « Cajun Shrimp » (crevettes piquantes) sur 50 miles. Et en Californie, patrie des écolos, pourquoi ne pas tenter le « Prius Pork » (le porc à la Prius), à condition de se souvenir que le moteur à explosion (par opposition au moteur électrique) se trouve sur la gauche, dans cette Toyota. Le plus long à cuire, c’est le plat d’ailes de poulets : 200 miles, sachez-le.

Que deviendra la mécano-gastronomie quand on aura des moteurs à hydrogène ? Peut-on faire des petits pains sur le moteur d’une Rolls ? Pourquoi la Subaru Outback 2005 est-elle si mal foutue qu’on ne peut même pas réchauffer un hot-dog ? Pourquoi ne pas utiliser la chaleur du pot catalytique (parce qu’il faudrait retourner la voiture, ce qui est possible mais pas pratique) ? Pourquoi y a-t-il quelque chose dans l’Univers au lieu d’un Grand Rien ? Questions, questions…

 

 

 

 

 

 

 

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Voilà qui confirme les US comme le pays de la bagnole... mais pas de la bouffe :berck:

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  • 3 weeks later...

Au départ j'ai cru que c'était une vanne.

 

Je suis à la fois admiratif de l'idée, et scandalisé par ce qu'on peut faire subir à ces pauvres crevettes!

 

Enfin, est ce vraiment si différent du barbecue de vallon, dans son bidon Fusch, arrosé de pétrole pour mieux faire cuire la viande...? Vaste débat ;) 

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